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Sanctuariser le droit à l’IVG

Construire un socle de droits communs pour protéger les femmes en Europe

L’Europe porte l’ambition forte de garantir la liberté à l’ensemble des citoyennes du continent. Le droit fondamental des femmes de pouvoir choisir d’interrompre leur grossesse doit faire partie de ces libertés. Pourtant, toutes les Européennes ne sont pas égales quant à l’accès à l’IVG. Dans plusieurs pays, l’accès à un avortement sûr est aujourd’hui mis en péril par la réémergence des conservatismes, notamment portés par les droites dures et extrêmes. Nous ne devons pas nous résigner. Nous devons nous mobiliser pour garantir un socle de droits commun pour chaque femme. 

Quelle est la situation ?

Aujourd’hui dans le monde, une grossesse sur quatre se termine par un avortement. Or il n’existe pas de différence dans la proportion d’avortements entre les pays qui autorisent largement l’IVG et ceux qui refusent ce droit à leurs citoyennes. Les statistiques sont les mêmes. Une femme qui souhaite avorter ira au bout de sa démarche.

Mais si avorter pour une femme est un acte médical sûr et sans danger quand il est encadré, il s’agit d’une pratique à haut risque quand l’avortement est clandestin. Ainsi l’OMS estime que l’avortement hors cadre médical est la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde, par hémorragie ou septicémie, et engendre chaque année 5 millions de handicaps qu’il serait pourtant facile d’éviter.

Si en France ce droit est garanti depuis la loi Veil du 17 janvier 1975, et est en voie d'être inscrit dans la Constitution sous la pression des forces politiques de gauche et des militant·es féministes et pro-choix, ce n’est pas le cas de 40% de femmes dans le monde, qui vivent encore dans des pays où la pratique est illégale.

N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.

Simone de Beauvoir

Un droit fondamental cible des droites extrêmes

Au moment d’inscrire l’IVG dans la constitution française en 2023, une seule voix s’est élevée contre cette proposition. Il s’agit de celle de Mme le Pen.

Par ailleurs, dans plusieurs démocraties occidentales, ce droit fait régulièrement l’objet de frondes et de débats. Ainsi, en Pologne, au sein de l’Union européenne, depuis 2021, l’accès à l’IVG est profondément remis en cause et conscrit à des cas extrêmes de danger pour la vie de la mère, ou de viol. Ce droit est tellement mince que les professionnels de santé refusent presque systématiquement le recours à la pratique, par peur de représailles judiciaires. Les victimes de ce système sont les femmes. Plusieurs déjà sont mortes de ce refus d’accès à l’IVG.

Ailleurs en Europe, l’avortement demeure interdit en Andorre et à Malte. Et en Italie, 7 professionnels de santé sur 10 refusent de pratiquer des IVG. En France aussi, le Planning Familial tire régulièrement la sonnette d’alarme sur les difficultés croissantes d’accès à l’IVG, notamment dans les déserts médicaux. Il faut croire que la question n’est visiblement pas si tranchée pour toutes les forces politiques, comme aime à le penser Mme le Pen.

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Notre proposition : inscrire le droit à l'IVG au plus haut de la hiérarchie des normes

Pour que le droit des femmes ne soit plus une variable d’ajustement politique, mais un socle commun pour toutes les Européennes, nous proposons d’inscrire le droit à l’IVG dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Ainsi, plus aucune force politique réactionnaire ne sera en mesure de mener une fronde contre le droit des femmes à disposer de leur corps.

Ce texte agit comme un bouclier juridique pour les citoyens de l’Union. Il recense les valeurs communes des pays européens : dignité, liberté, égalité, solidarité, citoyenneté et justice. Le droit à avorter dans un cadre sécurisant a toute sa place dans ce texte fondamental de l’Europe politique.

Vous êtes favorable à la sanctuarisation du droit à l’IVG dans le droit européen ? Dites-le nous en signant la pétition et partagez-la autour de vous. Votre soutien compte !

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